Trump, le pétrole et le plastique : un cocktail inquiétant pour la vie marine de l’est
La volonté du président des États-Unis Donald Trump de changer de cap en ce qui a trait aux politiques environnementales est une menace pour la faune aquatique et les eaux de la côte est, selon des experts. Certains des décrets signés par Donald Trump depuis son arrivée au bureau ovale ont déjà supprimé certaines des protections pour la protection de la faune et de la flore. Sa détermination à faciliter l’accès aux forages pétroliers et son peu d’inquiétude face aux répercussions des microplastiques suscitent de fortes inquiétudes. La directrice des campagnes de l’organisme Oceana Canada, Kim Elmslie, raconte que des scientifiques et des intervenants du milieu craignent que d'autres changements apportés aux politiques américaines ne mettent en péril leurs efforts de protection de la baleine noire de l’Atlantique. L’annulation ou la modification des mesures prises aux États-Unis pourrait accélérer le déclin de cette espèce et possiblement mener à son extinction. En janvier, les autorités américaines ont laissé tomber une proposition de limitation de vitesse plus stricte pour les navires dans leurs eaux territoriales de la côte atlantique. Kim Elmslie reste à l’affût des décisions à venir de l’administration Trump dans ce dossier, tout comme celles qu’il pourrait prendre à propos des engins de pêche. Elle continue de travailler avec les États-Unis afin d'assurer des mesures de protection pour les baleines noires. Une baleine noire de l'Atlantique Nord empêtrée dans des cordages de pêche nage avec son baleineau au large de Cumberland Island, en Georgie, aux États-Unis, le 2 décembre 2021. Photo : Associated Press / Ministère des Ressources naturelles de la Georgie (États-Unis) Il y a moins de 380 baleines noires encore vivantes au monde. Le déclin de cette espèce ces dernières années est majoritairement dû aux collisions avec les navires et aux enchevêtrements dans des engins de pêche. CBC a tenté de communiquer avec la National Oceanic and Atmospheric Administration pour cet article mais n’a pas reçu de réponse. Des centaines d’employés de cette agence de surveillance du changement climatique et des océans ont été licenciés la semaine dernière en raison de coupes fédérales aux États-Unis. La plus grande préoccupation de Sean Brillant, biologiste principal en conservation (programmes marins) de la Fédération canadienne de la faune, c’est le manque de communication actuel en provenance des scientifiques marins et des experts américains. Des scientifiques canadiens sont également alarmés par le décret signé par Donald Trump afin de permettre à nouveau l'utilisation de pailles en plastique dans les institutions fédérales. Des pailles en plastique. Photo : Radio-Canada Bien que les pailles en plastique ne soient qu’une petite partie du problème de la pollution dans les océans, Krista Beardy explique qu’elles sont un rappel d’un problème plus grand : l’environnement est totalement pollué par les plastiques, dit-elle. Comme les autres types de plastique à usage unique, les pailles se décomposent en microplastiques. Cette chercheuse estime qu’environ 16 millions de tonnes de plastique aboutissent dans les habitats marins chaque année. C’est sans oublier que la production des plastiques crée des émissions de carbone. Au lendemain de son investiture, le 20 janvier dernier, Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. Une installation artistique de Greenpeace à Rome en 2018 pour dénoncer la pollution plastique des océans. Photo : The associated press/Simone Somekh Cette entente entre 196 pays, entrée en vigueur en 2016, vise une réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre (GES) et une atteinte de la carboneutralité pour 2050. Selon Krista Beardy, il est impératif de suivre ce plan de match pour assurer la stabilité du climat et pour protéger l’air et l’eau. Elle avance que ce plan est tout aussi avantageux en ce qui a trait à des objectifs de santé publique et d’économie durable. Ce serait d'ailleurs pour cette raison que plusieurs entreprises multinationales ont décidé d’avoir des objectifs en matière de développement durable et réduisent de leur côté leur consommation de plastique à usage unique, avance-t-elle. Même son de cloche de la part de Sean Brillant, qui affirme qu'il est plus important que jamais pour les gouvernements et les experts canadiens d’être les chiens de garde en matière de mesures de protection environnementales. D’après le reportage d’Isabelle Leger, de CBCComme tous les animaux sauvages, cette espèce ne reconnaît pas les frontières, donc ce qui se passe aux États-Unis peut avoir des conséquences au Canada
, dit Kim Elmslie.
On a vu des situations où des collaborateurs sur différents projets ont tout d’un coup eu besoin de l’approbation de niveaux supérieurs de gouvernement avant d’être autorisés à communiquer avec des scientifiques canadiens
, affirme-t-il.La pollution plastique, une
crise
Nous faisons face à une crise mondiale de la pollution plastique que nos leaders ne peuvent pas se permettre d’ignorer et les États-Unis n’avancent pas dans la bonne direction
, déplore Krista Beardy, une chercheuse en microplastiques de l’Université du Nouveau-Brunswick.
Elles finissent par se retrouver dans l’estomac de poissons, d’oiseaux et d’autres animaux et aussi, désormais, dans le sang et les tissus humains
, note Krista Beardy.C’est vraiment très alarmant
, prévient-elle.
Bref, la décision de Trump est une aberration absolue, même dans le monde des affaires
, estime Krista Beardy. On n’a pas temps à perdre : le réchauffement de la planète et les changements climatiques sont en cours, et si on ne réussit pas à atteindre nos objectifs en matière de réduction des émissions, il va y avoir des problèmes.
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